{"id":20296,"date":"2026-01-13T15:00:26","date_gmt":"2026-01-13T15:00:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.coinspeaker.com\/fr\/?p=20296"},"modified":"2026-01-13T09:15:29","modified_gmt":"2026-01-13T09:15:29","slug":"leuro-numerique-europeen-bien-plus-quune-monnaie-une-question-de-souverainete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.coinspeaker.com\/fr\/leuro-numerique-europeen-bien-plus-quune-monnaie-une-question-de-souverainete\/","title":{"rendered":"L’euro num\u00e9rique europ\u00e9en : bien plus qu’une monnaie, une question de souverainet\u00e9"},"content":{"rendered":"
Le c\u0153ur du probl\u00e8me n’est pas la concurrence des cryptomonnaies, mais une d\u00e9pendance croissante envers des syst\u00e8mes de paiement non europ\u00e9ens. Aujourd’hui, la majorit\u00e9 des transactions num\u00e9riques en Europe transitent par des r\u00e9seaux de cartes \u00e9trang\u00e8res<\/strong>, des portefeuilles num\u00e9riques contr\u00f4l\u00e9s ailleurs, et des stablecoins libell\u00e9s en dollars qui \u00e9chappent \u00e0 la gouvernance europ\u00e9enne. Cette fragmentation laisse l’Europe vuln\u00e9rable \u00e0 des d\u00e9cisions prises dans des salles de r\u00e9union de Washington plut\u00f4t que Bruxelles ou Francfort.<\/p>\n Les \u00e9conomistes avertissent que cette d\u00e9pendance porte des risques strat\u00e9giques \u00e0 long terme. Qui contr\u00f4le les rails de paiement etbien plus ?<\/strong> Les politiques de sanctions, la protection des donn\u00e9es des consommateurs, la stabilit\u00e9 financi\u00e8re du continent.<\/p>\n Dans plus d’une douzaine d’\u00c9tats membres, les citoyens n’ont acc\u00e8s \u00e0 aucun r\u00e9seau de paiement num\u00e9rique domestique<\/strong> et doivent recourir \u00e0 des cartes ou des applications \u00e9trang\u00e8res pour les transactions quotidiennes. L’Europe ne dispose pas d’une infrastructure unifi\u00e9e capable de relier tous les pays de la zone euro sans passer par des interm\u00e9diaires priv\u00e9s externes.<\/p>\n Contrairement aux solutions de paiement priv\u00e9es, l’euro num\u00e9rique propos\u00e9 serait \u00e9mis par la Banque centrale europ\u00e9enne<\/a> et fonctionnerait comme une forme num\u00e9rique de monnaie publique<\/strong>. Ce qui distingue ce projet d’une simple num\u00e9risation : il coexisterait avec l’argent liquide plut\u00f4t que de le remplacer, garantissant que les citoyens conservent un acc\u00e8s \u00e0 une monnaie adoss\u00e9e \u00e0 l’\u00c9tat m\u00eame si les billets physiques deviennent moins dominants.<\/p>\n Pour apaiser les craintes concernant le d\u00e9sinterm\u00e9diation bancaire, le design inclut des plafonds sur les avoirs individuels, largement discut\u00e9s autour de 3 000 euros par personne<\/strong>. Cette limite vise \u00e0 pr\u00e9server la stabilit\u00e9 du syst\u00e8me financier tout en offrant une option de paiement num\u00e9rique universellement accessible.<\/p>\n L’euro num\u00e9rique ne serait donc pas une menace pour les banques commerciales<\/strong>, mais un compl\u00e9ment public garantissant que personne n’est exclu de l’infrastructure mon\u00e9taire de base. C’est une distinction cruciale : la BCE ne concurrencerait pas les produits bancaires premium, mais s\u00e9curiserait le fondement du syst\u00e8me.<\/p>\n L’\u00e9lan s’accumule au sein des institutions de l’UE. Fin 2025, le Conseil europ\u00e9en a approuv\u00e9 les plans donnant \u00e0 l’euro num\u00e9rique le m\u00eame statut l\u00e9gal que l’argent physique<\/strong>, signalant une volont\u00e9 politique de le traiter comme une infrastructure mon\u00e9taire centrale. C’est un signal fort : la gouvernance europ\u00e9enne reconna\u00eet l’urgence strat\u00e9gique.<\/p>\n En parall\u00e8le, la r\u00e9sistance du secteur bancaire europ\u00e9en reste intense. Les grands pr\u00eateurs comme Deutsche Bank, BNP Paribas et ING arguent que le projet pourrait \u00eatre co\u00fbteux, techniquement complexe et perturbateur pour l’innovation priv\u00e9e<\/strong>. Ils redoutent qu’il n’\u00e9vince les solutions de paiement commerciales et ne compresse les marges b\u00e9n\u00e9ficiaires.<\/p>\n Mais cette r\u00e9sistance institutionnelle masque un enjeu plus fondamental : qui gouverne l’infrastructure mon\u00e9taire d’un continent ?<\/strong> Peut-on vraiment parler de souverainet\u00e9 \u00e9conomique si les rails de paiement \u00e9chappent au contr\u00f4le d\u00e9mocratique ?<\/p>\n Le sort de l’euro num\u00e9rique sera scell\u00e9 par un vote au Parlement europ\u00e9en attendu plus tard en 2026<\/strong>. Ce moment constituera un tournant pour la politique mon\u00e9taire et financi\u00e8re europ\u00e9enne. Ne pas agir serait, comme l’avertissent les \u00e9conomistes, externaliser efficacement la souverainet\u00e9 de paiement de l’Europe vers des firmes \u00e9trang\u00e8res et des devises domin\u00e9es par d’autres puissances.<\/p>\n Pour les partisans, l‘euro num\u00e9rique incarne l’assurance que la monnaie publique reste pertinente \u00e0 l’\u00e8re num\u00e9rique<\/strong>. Pour les opposants, c’est une intervention inutile. Mais le vrai d\u00e9fi r\u00e9side ailleurs : le co\u00fbt d’inaction pourrait \u00eatre bien plus \u00e9lev\u00e9 que celui de la construction.<\/p>\n Une Europe qui abdique son contr\u00f4le des paiements num\u00e9riques accepte une d\u00e9pendance long terme vis-\u00e0-vis de puissances externes<\/strong>. Le choix n’est pas entre technologie et conservatisme, mais entre autonomie strat\u00e9gique et subordination progressive.<\/p>\n Source : Financial Times<\/a><\/p>\n \u00c0 lire aussi :<\/p>\nL’euro num\u00e9rique : une infrastructure publique, pas un remplacement<\/h2>\n
Le soutien institutionnel face \u00e0 la r\u00e9sistance du secteur priv\u00e9<\/h2>\n
Un vote d\u00e9cisif en 2026 red\u00e9finira l’avenir mon\u00e9taire europ\u00e9en<\/h2>\n
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