{"id":2903,"date":"2025-07-16T13:30:23","date_gmt":"2025-07-16T13:30:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.coinspeaker.com\/fr\/?p=2903"},"modified":"2025-07-16T13:30:23","modified_gmt":"2025-07-16T13:30:23","slug":"hongrie-durci-ton-avec-crypto","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.coinspeaker.com\/fr\/hongrie-durci-ton-avec-crypto\/","title":{"rendered":"La Hongrie durcit fortement le ton avec la crypto"},"content":{"rendered":"

Une loi p\u00e9nale in\u00e9dite en Europe<\/strong><\/h3>\n

Depuis le 1er\u202fjuillet, Budapest a int\u00e9gr\u00e9 dans son Code p\u00e9nal deux nouvelles infractions : \u00ab\u202fabus de crypto-actifs\u202f\u00bb et \u00ab\u202fprestation d\u2019\u00e9change non autoris\u00e9e\u202f\u00bb. Pour les particuliers, les peines varient selon les montants. Une transaction comprise entre 5 et 50 millions de forints (environ 13\u202f300 \u00e0 133\u202f000\u202f\u20ac) peut entra\u00eener jusqu\u2019\u00e0 2 ans de prison<\/strong>.<\/p>\n

Entre 50 et 500 millions (soit 133\u202f000 \u00e0 1,33 million d\u2019euros), la sanction peut grimper \u00e0 3 ans. Au-del\u00e0 de 500 millions, la peine maximale atteint 5 ans. Les prestataires non agr\u00e9\u00e9s s\u2019exposent \u00e0 3 ans de prison<\/strong>, voire 8 ans en cas d\u2019op\u00e9rations \u00e0 grande \u00e9chelle.<\/strong><\/p>\n

Cette s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 envoie un signal politique fort : la Hongrie adopte une approche p\u00e9nale qui rappelle la ligne dure observ\u00e9e aux \u00c9tats-Unis ou en Cor\u00e9e du Sud en 2022, \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 ces pays multipliaient les poursuites contre les plateformes non enregistr\u00e9es notamment. La Hongrie se d\u00e9marque ainsi des approches administratives un peu plus souples en vigueur ailleurs dans l\u2019UE.<\/p>\n

Effet choc sur le march\u00e9 local<\/strong><\/h2>\n

La r\u00e9action des acteurs du march\u00e9 a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diate. Revolut, qui compte plus de 2 millions de clients en Hongrie, a suspendu tous ses services crypto<\/strong> d\u00e9but juillet, puis n\u2019a autoris\u00e9 que les retraits. Bitstamp a \u00e9galement mis ses prestations en pause, citant l\u2019incertitude l\u00e9gale.<\/p>\n

Plus inqui\u00e9tant encore\u202f: plusieurs fintechs locales menacent de d\u00e9localiser leurs activit\u00e9s. Le Fintech Association a mis en garde contre une fuite des startups vers des juridictions plus accueillantes, comme l\u2019Irlande ou le Portugal. Il en va de la survie d\u2019un \u00e9cosyst\u00e8me tout entier, d\u00e9j\u00e0 fragile.<\/p>\n

Un vide r\u00e9glementaire inqui\u00e9tant<\/strong><\/h3>\n

L\u2019autre bombe sous ce nouveau r\u00e9gime, c\u2019est l\u2019absence de r\u00e8gles claires<\/strong> : la SZTFH dispose de 60 jours pour \u00e9mettre des directives, mais aujourd\u2019hui, personne ne sait comment se mettre en r\u00e8gle. Les entreprises peuvent se voir reprocher leur fonctionnement r\u00e9troactivement. Un juriste cit\u00e9 par Cryptonomist<\/a> r\u00e9sume\u202f:<\/p>\n

\u00ab\u202fIl s’agit d’une l\u00e9gislation \u00e0 laquelle personne ne peut se conformer d\u00e8s son entr\u00e9e en vigueur \u00bb<\/em><\/p><\/blockquote>\n

Sans validation officielle, chaque transaction devient potentiellement ill\u00e9gale, plongeant les utilisateurs dans un \u00e9tat d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 juridique total<\/strong>.<\/p>\n

En outre, on peut dire que le calendrier de cette r\u00e9forme est significatif. Elle co\u00efncide avec l\u2019application de MiCA<\/strong>, le nouveau cadre crypto europ\u00e9en. Alors que Bruxelles pr\u00f4ne une r\u00e9gulation protectrice, la Hongrie marche \u00e0 contre-courant, en criminalisant des pratiques que l\u2019UE souhaite simplement encadrer.<\/p>\n

Cette rupture interroge forc\u00e9ment : Budapest vise-t-elle \u00e0 dissuader les usages crypto, voire \u00e0 \u201cprot\u00e9ger\u201d les citoyens d\u2019eux-m\u00eames\u202f? Ou s\u2019agit-il d\u2019un outil politique pour limiter le capital mobile<\/strong> et renforcer le contr\u00f4le financier national<\/strong>\u202f? Les chances que cette loi soit att\u00e9nu\u00e9e pr\u00e8s du Parlement europ\u00e9en semblent faibles \u00e0 l\u2019heure actuelle.<\/p>\n

Une Europe fragment\u00e9e, des utilisateurs pris dans l\u2019\u00e9tau<\/strong><\/h3>\n

L\u2019Europe est d\u00e9chir\u00e9e. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, l\u2019UE permet l\u2019innovation<\/a>, de l\u2019autre, un pays membre ferme la porte avec brutalit\u00e9. \u00c0 terme, cela pourrait cr\u00e9er une fracture num\u00e9rique<\/strong> : certains citoyens europ\u00e9ens auront un acc\u00e8s l\u00e9gal aux exchanges, tandis que les Hongrois devront recourir \u00e0 des plateformes offshore, prenant ainsi des risques pour leur capital en crypto.<\/p>\n

\"\"

Victor Orban Premier Ministre Hongrois<\/p><\/div>\n

En attendant la publication des r\u00e8gles, la seule posture prudente pour les hongrois consiste \u00e0 conserver ses cryptos sans les \u00e9changer, du moins jusqu\u2019\u00e0 ce que les modalit\u00e9s soient clairement d\u00e9finies. Il est \u00e0 noter, cependant, que la Hongrie n\u2019est pas la seule \u00e0 durcir le ton : la Pologne envisage des r\u00e8gles similaires, et l\u2019Italie renforce ses contr\u00f4les AML pour les exchanges.<\/p>\n

Mais frapper directement sur un plateau un demi-million d\u2019utilisateurs via le Code p\u00e9nal marque un nouveau cap. Une criminalisation de l\u2019\u00e9conomie num\u00e9rique<\/strong>, qui pourrait faire \u00e9cole si d\u2019autres pays suivent. Et pendant ce temps, les acteurs globaux comme Binance ou Coinbase continuent de servir la Hongrie, preuve que le drame est avant tout local.<\/p>\n


\n

\u00c0 lire aussi :<\/p>\n