ADA vs. XRP : Pourquoi Charles Hoskinson s’en prend au PDG de Ripple

Updated 5 heures ago by · 4 mins read

Le monde de la blockchain est à nouveau en ébullition suite aux récentes piques lancées par Charles Hoskinson, le fondateur de Cardano, à l’encontre de Brad Garlinghouse, le patron de Ripple. Alors que les deux leaders semblaient avoir enterré la hache de guerre fin 2024, une nouvelle fracture est apparue en ce début d’année 2026. Cette querelle, loin d’être un simple affrontement d’ego, révèle des divergences profondes sur la manière dont l’industrie doit interagir avec le pouvoir politique et gérer son image publique. L’exclusion de Charles Hoskinson de cercles d’influence majeurs, combinée à des approches réglementaires opposées, a ravivé des tensions que beaucoup pensaient appartenir au passé.

La trahison perçue autour du Sommet crypto de la Maison Blanche

L’élément déclencheur de cette nouvelle salve verbale est sans conteste le récent Sommet crypto organisé à la Maison Blanche, où Brad Garlinghouse figurait en bonne place parmi les invités de marque. Charles Hoskinson, pourtant figure historique du secteur, a été ostensiblement écarté de cet événement stratégique visant à définir les contours de la future réserve nationale de Bitcoin.

Pour le fondateur de Cardano, cette situation est le résultat d’un lobbying sélectif et d’une volonté de certaines entreprises, comme Ripple, de monopoliser le dialogue avec les régulateurs. L’amertume du fondateur de Cardano s’explique par le sentiment que le pragmatisme politique de Ripple se fait au détriment d’une vision plus inclusive et décentralisée de l’industrie.

Hoskinson critique ce qu’il appelle une « prédation financière institutionnalisée », accusant Garlinghouse de rester silencieux face à des dérives politiques pour préserver son accès privilégié au pouvoir. Il reproche notamment au PDG de Ripple de ne pas avoir dénoncé l’impact négatif de certains projets spéculatifs, comme le « Trump Coin », qui auraient détourné l’attention des véritables avancées technologiques. La divergence de stratégie est ici flagrante : là où Garlinghouse joue la carte de la diplomatie discrète pour faire avancer Ripple, Hoskinson prône une confrontation ouverte pour défendre l’éthique originale de la blockchain.

Des visions opposées sur la régulation et la conformité

Charles Hoskinson

Au-delà de la politique politicienne, le conflit s’enracine dans une opposition philosophique sur la conformité réglementaire, particulièrement autour du Clarity Act. Ripple a toujours cherché à obtenir un statut clair, quitte à accepter des compromis majeurs avec les autorités fédérales pour faciliter l’adoption institutionnelle du XRP.

À l’inverse, Hoskinson défend un modèle où la technologie doit dicter la loi, et non l’inverse, s’inquiétant que les concessions faites par Ripple ne créent un précédent dangereux pour les réseaux plus décentralisés. L’affrontement porte donc sur le futur cadre juridique des actifs numériques, entre une vision bancaire classique et un idéal de finance autonome.

Le fondateur de Cardano pointe régulièrement ce qu’il considère comme un manque de solidarité de la part de Ripple lors des attaques de la SEC contre d’autres projets. Selon lui, Brad Garlinghouse privilégierait une issue favorable uniquement pour son entreprise, laissant le reste de l’écosystème naviguer seul dans l’incertitude juridique. L’isolement de Cardano dans certaines discussions législatives aux États-Unis ne fait qu’accentuer ce grief, Hoskinson voyant dans le succès diplomatique de Ripple une forme de trahison envers les principes de collaboration qu’ils avaient pourtant affichés quelques mois auparavant.

Le poids de la toxicité des communautés en ligne

Brad Garlinghouse

Enfin, ce conflit est alimenté par l’animosité persistante entre les communautés ADA et XRP sur les réseaux sociaux. Charles Hoskinson a souvent dénoncé le harcèlement subi de la part des partisans de Ripple, qu’il qualifie de « communauté toxique ».

Il reproche à Brad Garlinghouse de ne pas faire assez d’efforts pour calmer ses troupes, voire d’encourager indirectement ces comportements par ses déclarations ambiguës. La frustration accumulée face aux théories du complot, notamment celle de l’ETHGate, continue de polluer les relations entre les deux hommes malgré leurs tentatives passées de réconciliation.

Ce climat délétère empêche toute collaboration technique réelle, comme l’intégration prévue du XRP dans le portefeuille Lace de Cardano, qui semble aujourd’hui compromise ou du moins retardée. Pour Hoskinson, il est impossible de construire des ponts technologiques si le respect mutuel n’est pas la base de la relation. L’impasse actuelle souligne que dans l’univers de la crypto, les alliances sont souvent aussi volatiles que le cours des actifs eux-mêmes, dépendant autant des convictions personnelles que des enjeux de marché.

Le duel entre Hoskinson et Garlinghouse reflète la crise d’adolescence d’une industrie qui cherche sa place entre rébellion technologique et intégration financière. Si ces deux géants ne parviennent pas à unifier leurs voix, le risque est de voir les régulateurs imposer un cadre qui ne satisfera personne. La communauté crypto sera-t-elle capable de dépasser ces querelles de chefs pour présenter un front uni face aux défis de 2026 ?


À lire aussi :

Share:
Exit mobile version