Clarity Act : La Blockchain Association s’oppose au CBDC de détail

Updated on Juin 3, 2026 at 10:49 am UTC by · 3 mins read

La Blockchain Association alerte le Sénat américain : un CBDC de détail menacerait la vie privée et l’écosystème des stablecoins privés.

Actualités du Clarity Act : La Blockchain Association, un groupe de pression du secteur crypto basé à Washington représentant plus de 100 entreprises membres, a adressé une lettre formelle aux dirigeants du Sénat américain. L’organisation s’oppose fermement à la création d’une monnaie numérique de banque centrale (CBDC) de détail, arguant qu’un dollar numérique soutenu par l’État constituerait une menace de surveillance institutionnelle pour la vie privée financière.

Elle soutient également que cela désavantagerait structurellement l’écosystème des stablecoins privés, que le Congrès tente de réguler depuis près de deux ans via des législations telles que le GENIUS Act et le Digital Asset Market Clarity Act (CLARITY Act, H.R. 3633).

Il ne s’agit pas d’une simple objection politique formulée à un moment opportun du calendrier législatif. C’est une démarche préemptive visant à fermer la porte législative à un dollar numérique émis par le gouvernement avant que le cadre réglementaire en cours de construction pour les stablecoins privés ne crée, par inadvertance, les conditions rendant un CBDC de détail politiquement viable. En effet, l’inaction du Sénat sur les alternatives du secteur privé pourrait laisser croire que le marché nécessite une solution fédérale.

Nous soupçonnons que le calcul stratégique de la Blockchain Association est précisément celui-ci : neutraliser l’argument implicite en faveur d’un CBDC en s’assurant que l’argument explicite pour des stablecoins privés réglementés l’emporte en premier.

Clarity Act : La lettre de la Blockchain Association, la protection de la vie privée et les enjeux au-delà de la protection des consommateurs

L’argument relatif à la vie privée soulevé par la Blockchain Association ne se limite pas à une inquiétude généralisée sur l’ingérence gouvernementale ; il cible les propriétés architecturales spécifiques d’un CBDC de détail qui le distingueraient de tout instrument de paiement existant.

Le mécanisme fonctionne de la manière suivante : un CBDC de détail émis directement par la Réserve fédérale et détenu dans des comptes accessibles aux consommateurs individuels enregistrerait, par conception, chaque transaction sur un registre contrôlé par l’État. Cela rendrait l’historique financier complet de chaque titulaire de compte visible pour les agences fédérales, selon les normes d’accès légal que le Congrès finirait par inscrire dans la loi d’autorisation.

Contrairement aux transactions des banques commerciales, protégées par le quatrième amendement, les exigences d’assignation et les seuils de déclaration du Bank Secrecy Act — qui créent au moins une friction procédurale pour l’accès du gouvernement — un registre de CBDC de détail géré par la banque centrale elle-même supprimerait totalement cette friction. Le gouvernement serait alors à la fois le dépositaire du registre et l’entité cherchant à y accéder.

La Blockchain Association qualifie cette architecture d’outil de surveillance. Cette caractérisation est structurellement exacte, quelles que soient les protections de la vie privée initialement prévues par la législation, puisque ces dernières sont susceptibles d’être modifiées ou réinterprétées administrativement au fil du temps.

Cette lettre intervient alors que la Réserve fédérale a elle-même reconnu, dans son document de réflexion de janvier 2022 sur les CBDC, qu’elle ne procéderait à aucun lancement de CBDC de détail sans un soutien clair de la branche exécutive et du Congrès, idéalement sous la forme d’une loi d’autorisation spécifique.

L’ordre exécutif 14067 du président Biden en mars 2022 avait chargé le Trésor et la Fed de produire une série d’évaluations. Cependant, l’environnement politique actuel sous le 119ème Congrès est sensiblement différent. La Blockchain Association dépose cette lettre dans ce nouveau contexte, où la politique de la Maison Blanche en matière de stablecoins semble désormais pencher vers des solutions du secteur privé plutôt que vers un dollar numérique émis par le gouvernement fédéral.

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