Crypto : Pourquoi le CLARITY Act est bloqué au Sénat US

Updated on Juin 16, 2026 at 8:11 am UTC by · 4 mins read

Eleanor Terrett juge ‘impossible’ le passage du CLARITY Act avant le 4 juillet. Découvrez les trois obstacles majeurs qui bloquent la régulation crypto.

Eleanor Terrett, journaliste chez Fox News Business et source de premier plan sur la régulation crypto au Congrès, a affirmé le 14 juin 2026 que l’adoption du Digital Asset Market Clarity Act (CLARITY Act) avant l’objectif du 4 juillet fixé par la Maison Blanche est « logistiquement impossible ».

Ce verdict sans appel repose sur trois obstacles majeurs : une clause d’éthique bipartisane non résolue qui divise le camp démocrate, des divergences de fond entre la version de la Chambre (H.R. 3633, adoptée en juillet 2025) et celle du comité bancaire du Sénat (approuvée le 14 mai 2026), ainsi que le seuil de 60 voix requis pour contrer l’obstruction parlementaire (filibuster), un soutien démocrate que l’impasse actuelle rend inaccessible.

Patrick Witt, conseiller crypto de la Maison Blanche, avait pourtant tracé une feuille de route ambitieuse lors de la conférence Consensus Miami début mai 2026 : un vote en comité au Sénat en mai, quatre semaines de débats en juin pour une adoption finale, et un vote de réconciliation à la Chambre avant la fête nationale. Ce calendrier tablait sur une résolution rapide du conflit éthique après le vote en comité. Ce ne fut pas le cas.

Il ne s’agit pas d’un simple contretemps technique. Nous assistons à une collision structurelle entre un groupe démocrate qui conditionne son vote à des règles strictes sur les conflits d’intérêts — perçues par la Maison Blanche comme des attaques politiques ciblées — et un calendrier sénatorial qui ne laisse que deux semaines de travail avant les vacances de juillet.

La sénatrice Cynthia Lummis a d’ailleurs prévenu : si le Sénat n’agit pas avant la pause d’août, la prochaine fenêtre législative pour une structure de marché crypto complète pourrait ne pas s’ouvrir avant 2030. Un tel délai laisserait les développeurs DeFi, les règles sur les rendements de stablecoins et le partage de juridiction SEC-CFTC dans un vide réglementaire prolongé.

Actualités du CLARITY Act : Le conflit Gillibrand-Maison Blanche sur les clauses d’éthique

Le blocage repose sur un mécanisme précis : la sénatrice Kirsten Gillibrand (D-NY) a publiquement lié son soutien à l’inclusion d’une disposition éthique visant les conflits d’intérêts liés aux cryptomonnaies chez les hauts responsables. Elle a déclaré explicitement qu’il n’y aurait « pas de CLARITY Act sans clause d’éthique ».

Cette position, partagée par d’autres démocrates du comité bancaire, déterminera si le projet de loi peut atteindre le seuil fatidique des 60 voix au Sénat. Le sort du texte dépend désormais de cette résolution.

De son côté, la Maison Blanche, par la voix de Patrick Witt, se dit prête à accepter des règles d’éthique s’appliquant uniformément « de façon globale, du président jusqu’au stagiaire », mais refuse catégoriquement tout libellé ciblant un élu spécifique ou sa famille.

Witt a été clair : « Nous ne permettrons pas le ciblage de la famille de quiconque ou d’un politicien en particulier ». Cette posture reflète une réalité politique : l’exposition de la famille Trump au secteur crypto rend toute clause trop spécifique inacceptable pour l’administration actuelle.

Le vote du 14 mai au comité bancaire du Sénat a parfaitement illustré ces tensions. Si le projet a avancé (15-9), l’amendement Van Hollen, qui visait à durcir les règles d’éthique, a été rejeté par 13 voix contre 11, suivant strictement les lignes partisanes.

Le rejet de cet amendement en comité n’a pas réglé le problème ; il l’a simplement déplacé vers les négociations en séance plénière. C’est là que les voix démocrates sont mathématiquement nécessaires et que les sénateurs ayant soutenu l’amendement Van Hollen conservent tout leur pouvoir de pression.

Les discussions à huis clos impliquant Gillibrand, Ruben Gallego (D-AZ), Bernie Moreno (R-OH), Lummis et Witt se sont soldées par un échec. Les Républicains et la Maison Blanche ont retiré une proposition de compromis qui aurait permis aux procureurs généraux des États de faire respecter les règles d’éthique liées aux intérêts crypto présidentiels.

Les sénateurs Ruben Gallego et Angela Alsobrooks (D-MD) sont les deux pivots dont les votes semblent les plus incertains. Bien qu’Alsobrooks ait co-négocié le compromis sur le rendement des stablecoins avec Thom Tillis (R-NC) — interdisant les rendements de type dépôts bancaires tout en préservant les récompenses liées à l’activité — elle n’a pas dissocié son vote final de la question éthique.

La stratégie de la Maison Blanche semble parier sur un assouplissement des exigences démocrates une fois le vote formellement programmé, l’alternative étant un report indéfini plutôt qu’une meilleure loi. Mais pour cela, les leaders du Sénat doivent d’abord agir, ce qu’ils n’ont pas encore fait.

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