Le marché des cryptomonnaies a connu une hémorragie sans précédent au cours des quatre dernières années. Selon les données de CoinGecko, plus de 13,4 millions de projets cryptographiques ont échoué entre 2021 et 2025, révélant l’impitoyabilité des cycles de marché récents. Ce chiffre vertigineux ne raconte pas seulement une histoire d’échecs individuels, mais expose les fragilités structurelles d’un écosystème bâti sur la spéculation et les promesses non tenues.
L’accélération vertigineuse des défaillances
La progression des faillites annuelles peint un tableau sombre et parlant : en 2021, lors du marché haussier, seulement 2 584 projets ont disparu. Mais dès 2022, le chiffre a explosé à 213 075, suivi de 245 049 en 2023. Le pic véritablement catastrophique s’est atteint en 2024 avec 1,38 million de projets défaillants, avant que 2025 ne sommet le tout avec 11,6 millions de disparitions, selon CoinGecko. Cette courbe exponentielle reflète bien plus qu’une simple correction de marché : elle symbolise l’effondrement d’une bulle spéculative de proportions gigantesques.
Ce qui avait commencé par un nombre relativement modeste d’échecs lors du bull market de 2021 s’est transformé en débâcle à mesure que la liquidité s’évaporait, que la demande spéculative s’effondrait, et que les projets les plus faibles étaient inexorablement exposés. Les cycles de marché impitoyables ont opéré un tri darwinien brutal : seuls les survivants possédant des fondamentaux solides ont persévéré.
Les racines de la catastrophe : l’illusion du succès facile
Les données révèlent une vérité inconfortable : l’industrie des cryptomonnaies a pendant longtemps fonctionné sur des fondations instables. Pendant des années, la création de tokens a été encouragée par le battage médiatique, des barrières à l’entrée quasi inexistantes, et des incitations à court terme. Des millions de projets ont émergé sans modèle économique viable, sans financement durable, et sans demande utilisateur réelle.
Une fois que les prix ont chuté et que l’attention médiatique s’est détournée, les faiblesses systémiques sont devenues insurmontables. Les projets manquaient de développement actif, de communauté engagée, de cas d’usage concrets. Beaucoup avaient été abandonnés avant même d’être formellement déclarés morts. L’explosion spectaculaire de 2025, avec ses 11,6 millions de défaillances, suggère une phase de nettoyage retardée : une reclassification systématique de tokens zombis ou totalement inactifs comme définitivement défuncts. Elle révèle aussi l’amélioration des standards de données et du suivi des projets inactifs à travers l’écosystème.
Une leçon d’humilité pour l’industrie
Le collapse de plus de 13 millions de projets incarne une réalité crue du marché des cryptomonnaies : la plupart des initiatives ne survivent pas à des cycles de marché complets. La volatilité, la concurrence féroce, et la rotation des capitaux éliminent systématiquement les tokens incapables de maintenir leur pertinence, leur liquidité, ou la confiance qu’on place en eux au fil du temps.
À mesure que l’industrie mûrit, cette montagne croissante de cryptomonnaies mortes marque une frontière claire : celle qui sépare l’expérimentation temporaire de la viabilité long terme. Elle démontre que la barre de la survie s’est considérablement élevée. Les projets ne peuvent plus compter sur le simple hype ou le FOMO pour prospérer. Ils doivent démontrer une utilité réelle, une gouvernance solide, une adoption véritable. Le marché des cryptomonnaies, autrefois sauvage et sans limites, opère désormais un tri impitoyable entre les prétendants sérieux et les schémas opportunistes. Les 13 millions de projets disparus sont le prix payé pour que les survivants acquièrent enfin une légitimité.
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