La régulation européenne se durcit : attention aux licences « souples »
La régulation européenne des cryptomonnaies se durcit. Les licences « souples » attirent l’attention. Après des années de tâtonnements et d’initiatives nationales disparates, les autorités resserrent l’étau autour des acteurs laxistes. Objectif : assainir le marché, protéger les investisseurs et mettre fin au « shopping de licences » dans l’Union européenne.
Par Emmanuel RouxDernière mise à jour
3 mins de lecture
Pour Résumer
L’Union européenne durcit la régulation crypto pour mettre fin au « shopping de licences ».
L’EBA et l’ESMA veulent harmoniser les règles et mieux protéger les investisseurs.
Ce resserrement vise un marché plus sûr, au risque de freiner la compétitivité européenne.
La fin du « tourisme réglementaire »
Depuis décembre 2024, avec MiCA (Markets in Crypto-Assets Regulation), chaque prestataire de services sur actifs numériques (PSAN) doit obtenir une autorisation pour exercer dans l’Union.
Théoriquement, une licence d’un État membre permet d’opérer dans toute la zone.
En pratique, certaines entreprises profitent des différences d’interprétation entre régulateurs. Elles choisissent les pays les plus souples et ciblent des clients ailleurs.
Ce phénomène s’appelle l’arbitrage réglementaire. Aujourd’hui, il est dans le viseur de l’European Banking Authority (EBA). L’institution alerte : le niveau de supervision inégal entre États membres expose les consommateurs à des risques.
Pour corriger cette dérive, Bruxelles exige une harmonisation stricte. Les critères d’attribution des licences et les vérifications de conformité doivent être appliqués uniformément.
L’uniformisation de la réglementation rend nécessaireunsurcroîtdevigilance de la part des autorités européennes compétentes: l’EBA et l’ESMA (Autorité européenne des marchés financiers).
Cette intensification vise aussi à protéger les investisseurs individuels. Les responsables européens rappellent que tous les actifs numériques ne bénéficient pas de la même protection juridique.
Le règlement MiCA couvre en effet certains tokens et stablecoins. Mais d’autres, comme les NFT ou les protocoles DeFi, restent dans une zone grise.
Pour les acteurs crypto, le temps de la conformité
Les exchanges et les services de portefeuilles doivent s’adapter à cette nouvelle ère de transparence. Ils doivent notamment publier leurs réserves, réaliser des audits, renforcer les procédures KYC et assurer un reporting transfrontalier.
Les acteurs solides, comme Bitstamp, Binance France ou Coinbase Europe, se disent prêts. Les plus petits redoutent une vague de consolidation ou une fuite vers des juridictions hors de l’UE.
Celanedoit pas nécessairementêtre néfaste pour l’écosystème,mais peut contribuerà renforcer la confiance et lavenuedecapitaux institutionnels.
Enquestionnant la compétitivitéparrapport à des places plus souples comme Dubaï ou Singapour.
Enfindecompte, l’objectifde l’initiative européenne est clair : fairede l’UE la référence pourla régulation des crypto–actifsàl’échellemondiale.
Le message est, pour sa part, très simple : le far-west crypto est terminé. Pour opérer dans la zone euro, il faudra respecter des standards élevés. Et, peut-être, contribuer à un marché plus mature, transparent et durable.
Issu de la finance traditionnelle, j’ai naturellement basculé vers l’univers crypto, attiré par son potentiel. Je souhaite y apporter mon approche analytique et rationnelle, tout en conservant ma curiosité.
En dehors de l’écran, je lis beaucoup (économie, essais, un peu de science-fiction) et je prends plaisir à bricoler. Le DIY, pour moi, c’est comme la crypto : comprendre, tester, construire soi-même.
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