Kraken coupe court aux rumeurs : aucune urgence à entrer en Bourse

Updated on Jan 14, 2026 at 10:05 pm UTC by · 4 mins read

Depuis plus d’un an, les rumeurs d’IPO entourent Kraken. Dans un marché où les introductions en Bourse des acteurs crypto s’enchaînent, beaucoup imaginaient l’exchange américain déjà en train de préparer son grand saut à Wall Street. La direction vient de refroidir ces attentes.

Pas de FOMO sur l’IPO, assure la direction

Interrogé lors d’un événement financier à New York, le co-CEO Arjun Sethi a insisté sur un point : Kraken ne court pas vers une cotation, malgré l’amélioration du contexte réglementaire et le retour en grâce des IPO crypto.

Selon lui, la société sait gérer son risque, dispose de suffisamment de capital au bilan et n’a aucune urgence à ouvrir son capital au public.

Sethi explique que Kraken préfère rester maître de son calendrier plutôt que de « se précipiter vers la porte » parce que d’autres y vont. Autrement dit, pas de FOMO institutionnelle : le choix d’entrer en Bourse, s’il se fait un jour, sera stratégique, pas réactif.

Les spéculations ne datent pourtant pas d’hier. Depuis le milieu de 2024, plusieurs rapports affirmaient que l’exchange préparait une entrée en Bourse, certains évoquant même une fenêtre possible dès le premier trimestre 2026.

Pour l’instant, la direction remet clairement ces scénarios au conditionnel.

Une vague d’introductions en Bourse… sans Kraken

Si Kraken temporise, d’autres acteurs, eux, ont déjà sauté le pas. Le secteur a vu se succéder plusieurs IPO cette année, profitant d’un climat politique américain plus favorable aux actifs numériques et du signal envoyé par Washington à l’industrie.

L’exemple le plus commenté reste celui de Circle, émetteur de l’USDC, dont l’introduction en Bourse a offert une envolée spectaculaire du cours lors des premiers jours de cotation.

D’autres entreprises crypto ont suivi : plateformes d’échange, sociétés de custody ou encore acteurs de l’infrastructure blockchain. Pour ces groupes, l’accès aux marchés publics permet de lever du capital, d’offrir de la liquidité aux actionnaires historiques et de gagner en visibilité auprès des institutionnels.

Pourquoi rester privé peut encore être un avantage

Derrière le refus de se précipiter, il y a aussi un choix de gouvernance. Rester privé signifie moins de pression trimestrielle, moins d’injonctions à « faire le chiffre » au détriment de la résilience ou de la conformité. Pour un exchange, exposé à la fois au risque de marché et au risque réglementaire, ce n’est pas anodin.

Kraken existe depuis 2011 et a déjà levé plus de 500 millions$ auprès d’investisseurs, avec une valorisation récente autour de 15 milliards$. Autrement dit, la société n’a pas besoin de la Bourse pour survivre ou financer ses opérations.

Elle peut continuer à investir dans ses licences, ses produits, ses infrastructures, sans devoir composer avec le regard permanent du marché sur chaque variation de volumes ou chaque correction du Bitcoin.

Rester privé permet aussi de garder une certaine flexibilité stratégique : adapter plus vite l’offre, négocier des partenariats, absorber des chocs réglementaires sans être immédiatement sanctionné par des ventes massives d’actions.

Dans un environnement où les règles évoluent vite, cette marge de manœuvre peut valoir autant que quelques milliards$ levés en plus.

Enfin, le fait que d’autres exchanges ou sociétés crypto se cotent en premier n’est pas forcément un handicap. Au contraire, ces pionniers essuient parfois les plâtres : attentes irréalistes du marché, décote post-IPO, et exposition médiatique permanente.

Kraken, lui, peut analyser ces trajectoires et décider, plus tard, s’il veut vraiment se soumettre à la même mécanique.

Une vision long terme malgré la volatilité du marché

Sethi ne se dit pourtant pas inquiet. Il rappelle que toutes les classes d’actifs traversent des phases de correction, et que la courbe d’adoption de la crypto reste orientée à la hausse sur le long terme.

L’important, selon lui, n’est pas la variation du jour, mais la thèse pour laquelle un investisseur choisit Bitcoin, Ether ou d’autres actifs plutôt que de conserver uniquement des dollars ou des actions traditionnelles.

Ce discours colle avec la posture de l’entreprise sur l’IPO : ne pas confondre cycle de marché et décisions structurelles. Kraken veut se positionner comme un acteur durable de l’écosystème, pas comme une valeur de momentum à la merci de la prochaine phase de bull run.

Pour suivre l’actualité des exchanges régulés et leurs évolutions stratégiques, consultez la base de données SEC des déclarations d’introduction en bourse.


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