Journaliste spécialisé crypto et Web3, Emmanuel décrypte l’actualité des marchés, des projets blockchain et des grandes tendances du numérique.
La Thaïlande accélère sa stratégie réglementaire sur les actifs numériques. Le pays cherche un équilibre entre innovation financière et protection des investisseurs.
Alors que le marché mondial crypto reste volatil, Bangkok déploie un arsenal légal inédit pour éviter fraudes et manipulations.
Depuis 2018, la Thaïlande impose un cadre précis aux cryptos. Cela s’est fait via le décret d’urgence sur les activités numériques.
En 2024, la SEC a proposé de fusionner crypto et jeton numérique sous un seul terme : crypto-actif. Cette harmonisation vise à s’aligner sur les pratiques internationales, réduisant les zones grises juridiques.
SEC Thailand, CFA Institute, and CFA Society Thailand Collaborate to Integrate ESG into Investment Analysis and Advisory https://t.co/0g6yGmVR85 pic.twitter.com/xdmOna5Yyy
— ThaiSEC_News (@ThaiSEC_News) November 5, 2024
Toute entreprise souhaitant émettre des jetons d’investissement doit impérativement :
Les frais initiaux incluent 300,000 THB (7,900 €) pour la demande d’approbation. Ensuite, c’est 0,05 % de la valeur des jetons offerts.
Au 14 février 2025, la SEC recense neuf portails autorisés pour l’émission publique. Ces plateformes doivent assurer la due diligence, appliquer les contrôles KYC/AML, et conseiller les émetteurs. Un portail doit avoir au minimum 5 millions THB (132,000 €) de capital social enregistré.
Pour gérer un échange crypto, le capital minimum est fixé à 100 millions THB. Un courtier doit disposer d’au moins 50 millions THB (1,320,000 €) Un conseiller crypto, quant à lui, n’a besoin que d’un million THB.
Ces règles visent à filtrer les acteurs solides des initiatives opportunistes.
La SEC interdit la cotation des memecoins, NFT ou jetons émis par des bourses elles-mêmes. L’utilisation des crypto-actifs comme moyen de paiement est également proscrite.
Les activités de prêts et dépôts rémunérés sont bannies, sauf exceptions liées au consensus blockchain.
En 2024, la Banque de Thaïlande a restreint les stablecoins indexés au baht, considérés proches de l’e-money.
Fin 2024, elle a lancé un projet pilote de Programmable Payment pour automatiser les transactions selon des conditions prédéfinies. Chaque unité testée équivaut à un baht et reste encadrée par des règles KYC/KYM.
Ces mesures visent à rassurer les investisseurs et à éviter les scandales. La Thaïlande privilégie une innovation maîtrisée, évitant les dérives observées ailleurs. En s’appuyant sur des contrôles robustes, Bangkok espère devenir un hub crypto sûr en Asie.
Singapour, le Vietnam et la Malaisie suivent avec attention l’expérience thaïlandaise. D’ailleurs, un cadre clair pourrait inspirer une régulation régionale plus cohérente.
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