Le bitcoin devient le dernier rempart des Iraniens face à l’instabilité de 2025
L’Iran traverse une période de turbulences majeures où l’instabilité économique se mêle aux contestations sociales de plus en plus vives. Face à une inflation galopante et une monnaie nationale qui s’effondre, de nombreux citoyens se tournent vers les actifs numériques pour protéger leur patrimoine. Cette transition massive vers le bitcoin ne relève plus seulement de la spéculation, mais d’une véritable stratégie de survie financière dans un contexte géopolitique verrouillé.
Par Emmanuel RouxDernière mise à jour
4 mins de lecture
Pour Résumer
L'Iran utilise le bitcoin comme outil de survie face à une inflation massive et des sanctions étouffantes.
La population se détourne du rial pour sécuriser son capital via des actifs décentralisés et des plateformes d'échange locales.
Malgré la censure technique et les coupures d'Internet, la cryptomonnaie s'impose comme un levier de liberté financière indispensable.
L’effondrement du rial et la quête de souveraineté financière
La monnaie nationale iranienne subit une pression sans précédent, perdant chaque jour un peu plus de sa valeur sur le marché libre. Cette situation pousse les ménages à chercher des alternatives concrètes pour éviter que leurs économies ne s’évaporent totalement. Le choix des actifs numériques s’impose naturellement comme une solution de stockage de valeur décentralisée et accessible malgré les restrictions.
Le phénomène touche toutes les couches de la population, des jeunes technophiles aux commerçants plus traditionnels des bazars. Pour beaucoup, l’achat de fractions de cryptomonnaies est devenu un réflexe hebdomadaire dès la perception du salaire. Cette dynamique crée une économie parallèle où la confiance se déplace de l’État vers des protocoles informatiques transparents et immuables.
Le marché noir des devises, autrefois centré sur le dollar américain, intègre désormais massivement le Tether et d’autres stablecoins. Ces outils permettent une agilité financière que le système bancaire local, déconnecté du monde, ne peut absolument plus offrir. L’adoption est telle que les plateformes d’échange locales voient leurs volumes de transactions exploser malgré les menaces de surveillance étatique.
La crypto comme alternative aux circuits bancaires traditionnels
Manifestation à Téhéran, en Iran
Les sanctions internationales ont durablement isolé l’Iran des réseaux financiers mondiaux comme le système SWIFT. Dans ce vase clos, les cryptomonnaies agissent comme un pont technologique permettant de maintenir des liens commerciaux avec l’extérieur. Les entrepreneurs iraniens utilisent ainsi les actifs numériques pour régler des importations essentielles que les banques refusent de traiter.
L’absence de tiers de confiance international oblige les acteurs économiques à devenir leurs propres banquiers grâce à la blockchain. Cette autonomie forcée a permis l’émergence d’une expertise technique locale impressionnante et d’un écosystème de minage robuste. Le gouvernement iranien lui-même entretient une relation ambiguë avec cette industrie, y voyant parfois un moyen de contourner l’embargo pétrolier.
Cependant, l’utilisation du réseau Bitcoin par les civils reste une forme de résistance pacifique contre la censure financière. En période de troubles politiques, disposer d’un capital qui ne peut être saisi physiquement par les autorités est un avantage crucial. C’est cette dimension de liberté individuelle qui effraie le pouvoir central tout en séduisant une population en quête de solutions.
Les obstacles techniques et les risques de la régulation étatique
Le chemin vers l’adoption globale est loin d’être sans embûches pour les utilisateurs résidant sur le territoire iranien. Les autorités n’hésitent pas à pratiquer des coupures d’Internet ciblées ou généralisées pour briser la coordination des mouvements de contestation. Ces interruptions brutales du réseau empêchent temporairement l’accès aux portefeuilles et aux plateformes de trading en ligne.
Pour contourner ces obstacles, les Iraniens déploient des trésors d’ingéniosité technique en utilisant des VPN et des réseaux satellites. La lutte entre les outils de censure et les technologies de contournement est permanente et façonne l’usage quotidien du numérique. Le risque de voir une législation répressive s’abattre sur les détenteurs de crypto plane également comme une épée de Damoclès.
Malgré ces menaces, la résilience du marché crypto en Iran prouve que la nécessité économique l’emporte souvent sur la peur. La jeunesse iranienne, particulièrement connectée, voit dans la blockchain un espoir de reconconnexion avec l’économie mondiale. La technologie devient alors un symbole de progrès face à un système institutionnel jugé obsolète et défaillant par une grande partie de la société.
L’évolution de la situation en Iran en 2025 montre que le bitcoin dépasse largement sa fonction de simple monnaie numérique. Il incarne une forme de résilience collective face à l’arbitraire politique et à la déchéance monétaire programmée. Reste à savoir si cette adoption massive saura résister aux futures pressions législatives ou si elle finira par transformer durablement les structures de pouvoir locales.
Issu de la finance traditionnelle, j’ai naturellement basculé vers l’univers crypto, attiré par son potentiel. Je souhaite y apporter mon approche analytique et rationnelle, tout en conservant ma curiosité.
En dehors de l’écran, je lis beaucoup (économie, essais, un peu de science-fiction) et je prends plaisir à bricoler. Le DIY, pour moi, c’est comme la crypto : comprendre, tester, construire soi-même.
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