Kraken coupe court aux rumeurs : aucune urgence à entrer en Bourse
Depuis plus d’un an, les rumeurs d’IPO entourent Kraken. Dans un marché où les introductions en Bourse des acteurs crypto s’enchaînent, beaucoup imaginaient l’exchange américain déjà en train de préparer son grand saut à Wall Street. La direction vient de refroidir ces attentes.
Par Emmanuel RouxDernière mise à jour
4 mins de lecture
Pour Résumer
Kraken écarte toute entrée rapide en Bourse.
Son co-directeur Arjun Sethi affirme que l’entreprise dispose de fonds suffisants et refuse de céder à la frénésie actuelle des introductions.
Rester privée lui permet de garder le contrôle, d’éviter la pression des marchés et de privilégier la stabilité à long terme.
Pas de FOMO sur l’IPO, assure la direction
Interrogé lors d’un événement financier à New York, le co-CEO Arjun Sethi a insisté sur un point : Kraken ne court pas vers une cotation, malgré l’amélioration du contexte réglementaire et le retour en grâce des IPO crypto.
Selon lui, la société sait gérer son risque, dispose de suffisamment de capital au bilan et n’a aucune urgence à ouvrir son capital au public.
Kraken boss Arjun Sethi says company won't 'race to the door' to get an IPO done https://t.co/b8kLQyNR66
Sethi explique que Kraken préfère rester maître de son calendrier plutôt que de « se précipiter vers la porte » parce que d’autres y vont. Autrement dit, pas de FOMO institutionnelle : le choix d’entrer en Bourse, s’il se fait un jour, sera stratégique, pas réactif.
Les spéculations ne datent pourtant pas d’hier. Depuis le milieu de 2024, plusieurs rapports affirmaient que l’exchange préparait une entrée en Bourse, certains évoquant même une fenêtre possible dès le premier trimestre 2026.
Pour l’instant, la direction remet clairement ces scénarios au conditionnel.
Une vague d’introductions en Bourse… sans Kraken
Si Kraken temporise, d’autres acteurs, eux, ont déjà sauté le pas. Le secteur a vu se succéder plusieurs IPO cette année, profitant d’un climat politique américain plus favorable aux actifs numériques et du signal envoyé par Washington à l’industrie.
L’exemple le plus commenté reste celui de Circle, émetteur de l’USDC, dont l’introduction en Bourse a offert une envolée spectaculaire du cours lors des premiers jours de cotation.
🚀@CIRCLE’s IPO JUST BLEW UP CRYPTO—HERE’S WHY IT CHANGES EVERYTHING
💥 $CRCL SURGED 168% on Day 1 → $19B MARKET CAP 💥 FIRST STABLECOIN IPO EVER — backed by JPMorgan, @BlackRock, @ARKInvest. 💥 $1.1B RAISED — 20x oversubscribed! Pricing ABOVE range at $31 (vs. $24-$28 target)… pic.twitter.com/ST0MR324rt
D’autres entreprises crypto ont suivi : plateformes d’échange, sociétés de custody ou encore acteurs de l’infrastructure blockchain. Pour ces groupes, l’accès aux marchés publics permet de lever du capital, d’offrir de la liquidité aux actionnaires historiques et de gagner en visibilité auprès des institutionnels.
Pourquoi rester privé peut encore être un avantage
Derrière le refus de se précipiter, il y a aussi un choix de gouvernance. Rester privé signifie moins de pression trimestrielle, moins d’injonctions à « faire le chiffre » au détriment de la résilience ou de la conformité. Pour un exchange, exposé à la fois au risque de marché et au risque réglementaire, ce n’est pas anodin.
Kraken existe depuis 2011 et a déjà levé plus de 500 millions$ auprès d’investisseurs, avec une valorisation récente autour de 15 milliards$. Autrement dit, la société n’a pas besoin de la Bourse pour survivre ou financer ses opérations.
Elle peut continuer à investir dans ses licences, ses produits, ses infrastructures, sans devoir composer avec le regard permanent du marché sur chaque variation de volumes ou chaque correction du Bitcoin.
NEW: Kraken 🦑 has raised $500 million at a $15 billion valuation as it prepares for a 2026 IPO, marking its largest funding round to date. 🤯
The raise, led internally with backing from investors including co-CEO Arjun Sethi’s Tribe Capital, comes as the crypto exchange ramps… pic.twitter.com/BYqstn1eGz
Rester privé permet aussi de garder une certaine flexibilité stratégique : adapter plus vite l’offre, négocier des partenariats, absorber des chocs réglementaires sans être immédiatement sanctionné par des ventes massives d’actions.
Dans un environnement où les règles évoluent vite, cette marge de manœuvre peut valoir autant que quelques milliards$ levés en plus.
Enfin, le fait que d’autres exchanges ou sociétés crypto se cotent en premier n’est pas forcément un handicap. Au contraire, ces pionniers essuient parfois les plâtres : attentes irréalistes du marché, décote post-IPO, et exposition médiatique permanente.
Kraken, lui, peut analyser ces trajectoires et décider, plus tard, s’il veut vraiment se soumettre à la même mécanique.
Une vision long terme malgré la volatilité du marché
Sethi ne se dit pourtant pas inquiet. Il rappelle que toutes les classes d’actifs traversent des phases de correction, et que la courbe d’adoption de la crypto reste orientée à la hausse sur le long terme.
L’important, selon lui, n’est pas la variation du jour, mais la thèse pour laquelle un investisseur choisit Bitcoin, Ether ou d’autres actifs plutôt que de conserver uniquement des dollars ou des actions traditionnelles.
Ce discours colle avec la posture de l’entreprise sur l’IPO : ne pas confondre cycle de marché et décisions structurelles. Kraken veut se positionner comme un acteur durable de l’écosystème, pas comme une valeur de momentum à la merci de la prochaine phase de bull run.
Issu de la finance traditionnelle, j’ai naturellement basculé vers l’univers crypto, attiré par son potentiel. Je souhaite y apporter mon approche analytique et rationnelle, tout en conservant ma curiosité.
En dehors de l’écran, je lis beaucoup (économie, essais, un peu de science-fiction) et je prends plaisir à bricoler. Le DIY, pour moi, c’est comme la crypto : comprendre, tester, construire soi-même.
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