Trump ferme la porte à une grâce présidentielle pour Sam Bankman-Fried
Malgré une vague de clémence envers plusieurs personnalités de la cryptomonnaie, le président Donald Trump a clairement indiqué qu’il n’envisageait pas de gracier Sam Bankman-Fried, ancien PDG de FTX. Cette décision intervient après que les parents du fondateur de l’exchange en faillite ont lancé des démarches pour obtenir une commutation de sa peine de 25 ans. Le refus de Trump soulève des questions sur les critères de sélection présidentielle en matière de clémence et sur le sort réservé aux figures majeures de scandales financiers dans le secteur des actifs numériques.
Par Emmanuel RouxDernière mise à jour
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Le président Trump a fermement rejeté l'idée de gracier Sam Bankman-Fried, malgré les efforts de sa famille pour obtenir une commutation de sa peine de 25 ans.
Trump a pourtant gracié plusieurs autres figures de la cryptomonnaie en 2025, notamment Ross Ulbricht, les co-fondateurs de BitMEX et Changpeng Zhao de Binance.
Cette distinction souligne que la clémence présidentielle reste sélective et répond à des critères liés à la gravité des crimes et à leur impact public.
Le refus catégorique de Trump face aux efforts de SBF
Dans une récente interview accordée au New York Times, le président Trump a clairement exprimé son refus de gracier Bankman-Fried, plaçant son cas au même niveau que d’autres dossiers jugés irréconciliables.
Trump a mentionné que des figures comme l’ancien sénateur du New Jersey Robert Menendez, le leader vénézuélien Nicolás Maduro et le rappeur Sean « Diddy » Combs ne recevraient pas non plus de grâce présidentielle. Cette fermeture de porte intervient malgré les efforts persistants menés par la famille de Bankman-Fried.
En janvier 2026, Bloomberg a rapporté que les parents de SBF avaient engagé des démarches auprès de la Maison-Blanche pour obtenir une commutation de sentence. Bankman-Fried lui-même a relancé ses efforts de plaidoyer en février 2025 lors d’une première interview depuis sa prison, accordée au New York Sun. Dans cette déclaration, il a tenté de redéfinir sa trajectoire politique, affirmant qu’il avait initialement adopté des positions progressistes avant de devenir critique envers l’administration Biden, notamment sur sa gestion de la politique crypto.
Actuellement incarcéré dans un établissement pénitentiaire de faible sécurité près de Los Angeles, Bankman-Fried purge sa peine de 25 ans et ne sera éligible à une libération qu’en octobre 2044. Il a également déposé un appel visant à annuler sa condamnation, un processus qui pourrait s’avérer long et incertain.
Une sélectivité remarquable dans les grâces crypto
Le refus de gracier Bankman-Fried contraste fortement avec la générosité que Trump a témoignée à d’autres figures controversées de la cryptomonnaie. Depuis son retour au pouvoir, le président a approuvé plusieurs pardons de haut profil qui ont été accueillis avec des réactions mitigées au sein et en dehors du secteur crypto.
En janvier 2025, Trump a gracié Ross Ulbricht, le fondateur du marché noir Silk Road, une décision saluée par les défenseurs de la vie privée numérique. En mars 2025, le président a étendu sa clémence aux co-fondateurs de BitMEX, Arthur Hayes, Benjamin Delo et Samuel Reed, ainsi qu’à Gregory Dwyer, ancien responsable du développement commercial de la plateforme. Plus récemment, en octobre 2025, Trump a annulé la condamnation de Changpeng Zhao (CZ), le fondateur de Binance, une décision qui a provoqué une tempête politique.
La grâce accordée à CZ a suscité des critiques substantielles de la part de régulateurs et de sept sénateurs démocrates, dont Elizabeth Warren et Bernie Sanders. Les enquêteurs ont questionné l’implication potentielle de World Liberty Financial, une entreprise associée à Trump et supposément liée à Binance, dans cette décision controversée.
Les distinctions qui expliquent les différences de traitement
La question centrale demeure : pourquoi Bankman-Fried a-t-il été exclu de la clémence présidentielle alors que d’autres figures de la crypto ont été graciées ? Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette distinction.
D’abord, l’ampleur du scandale FTX dépasse largement les affaires criminelles des autres bénéficiaires de grâces. L’effondrement de FTX a anéanti les économies de millions d’investisseurs et endommagé la crédibilité de tout le secteur crypto.
Ensuite, Bankman-Fried a été condamné pour fraude généralisée et conspiration, des accusations portant sur des crimes fiduciaires plutôt que des violations techniques ou réglementaires. Les autres pardonnés crypto affrontaient des chefs d’accusation davantage liés à des questions de juridiction grise ou à des violations de sanctions.
Trump a également signalé une possible ouverture envers d’autres cas, notamment celui de Keonne Rodriguez, PDG du portefeuille Bitcoin Samourai, indiquant que sa politique de clémence reste sélective et opportuniste.
La position de Trump révèle que même dans une administration favorable à la cryptomonnaie, les limites de la grâce présidentielle demeurent liées à la gravité des crimes et à l’impact public des scandales. Bankman-Fried restera probablement en prison jusqu’en 2044, à moins que son appel ne soit couronné de succès.
Issu de la finance traditionnelle, j’ai naturellement basculé vers l’univers crypto, attiré par son potentiel. Je souhaite y apporter mon approche analytique et rationnelle, tout en conservant ma curiosité.
En dehors de l’écran, je lis beaucoup (économie, essais, un peu de science-fiction) et je prends plaisir à bricoler. Le DIY, pour moi, c’est comme la crypto : comprendre, tester, construire soi-même.
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